Le pont de Térénez

Si vous rejoignez la presqu'île de Crozon depuis le nord, vous passerez immanquablement par le pont de Térénez. Celui-ci fait la jonction entre les communes de Cronzon et de Faou au dessus de l'Aulne. Véritable chef-d'oeuvre de génie civil, il m'a tout simplement scotché par sa forme, architecture et sa beauté (tout du moins j'y suis réceptif).

Le pont le plus proche est celui de Châteaulin, ajoutant une cinquantaine de kilomètres supplémentaires pour attendre Crozon. Donc autant vous dire que son existence est stratégique car il permet de désenclaver Crozon vis-à-vis de Brest.


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Il s'agit de la troisième version de ce pont. Le premier a été construit en 1925 et vraisemblablement détruit par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Le second en 1952, mais la faible qualité des matériaux l'a amené à contracter la maladie du béton. Devenu dangereux, le conseil départemental du Finistère a commandité la construction du nouveau pont en 1998. Sa réalisation aura lieu entre 2007 et 2011, année de mise en service. Il s'agit d'un pont courbe à haubans, le premier du genre en France à cette date (j'explique ce qu'est un pont à haubans plus bas dans l'article). 

Sa courbure n'est pas que esthétique. Si vous regardez la carte, vous observerez que la route départementale D791 est elle-même courbe. Or une route qui arrive en angle droit sur un pont "droit" rend difficile le passage des semi-remorques, comme c'était le cas sur le pont de 1952.

Avec cette nouvelle forme, le passage du pont devient totalement "transparent" pour tous type de véhicule.

Les haubans ce sont ces câbles qui relient la plateforme de la route (appelée "tablier") aux pylônes. 

Je précise que les explications sur les ponts et les shémas de cet article proviennent de Wikipedia.

Selon les ponts, les haubans peuvent converger vers un même point : la forme éventail (dessin du haut), ou être répartis sur toute la hauteur de la pile : forme de harpe (dessin du bas). Le pont de Térénez est entre des deux, les haubans sont ancrés sur une hauteur donnée puis partent en éventail : la forme semi-éventail.

Sur cette vue on voit mieux que l'ancrage des haubans est réparti sur une certaine hauteur.

Il ne faut pas confondre pont à haubans et pont suspendu. Ce dernier consiste en 2 long câbles porteurs ancrés au sol de part et d'autre de la rive qui vont porter le poids (le câbles horizontal sur le premier schéma). Le tablier est quant à lui suspendu aux câbles porteurs par des suspentes verticales. Un pont suspendu peut atteindre plus de 5km de long. En revanche l'ancrage au sol est un point clé et nécessite un sol stable, car les tensions s'exercent horizontalement sur les câbles porteurs.

Pont suspendu (image de Glabb, licence CC-BY-SA)

C'est dans les sols plus meubles que le pont à haubans tire sont épingle du jeu, le gros du poids étant supporté verticalement sur les pylônes. En revanche cette architecture limite la longueur des ponts. Mais il y a d'autres avantages : un hauban se remplace sans trop perturber le trafic. Un câble porteur d'un pont suspendu nécessite l'immobilisation totale du pont sur plusieurs mois pour être remplacé.

Pont à haubans (image de Roulex 45, licence CC-BY-SA)

Oooh quel beau pont tout neuf!

Le pont de 1952 a été détruit en 2014. Il n'en reste maintenant que les arches originaires du premier pont de chaque côté de l'Aulne. Il ont été aménagés en belvédère, ce qui permet de mieux apprécier l'oeuvre dans de bonnes conditions. Le vent souffle pas mal à cette hauteur, aussi il faut prévoir un bon trépied bien stable pour éviter les vibrations.

Cette étape intermédiaire franchie, nous pouvons poursuivre jusqu'à Cronzon.

 

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